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SACREMENTS : L' EUCHARISTIE

                                                   SACREMENTS

 

                                              L' EUCHARISTIE

 

Les sacrements sont des « instruments » de la grâce de Dieu, confiés à l’Eglise pour qu’elle en fasse bénéficier les croyants. Les sacrements montrent donc que Dieu agit, ils sont le signe de sa grâce. De plus, ils apportent à celui qui les reçoit les moyens nécessaires pour bénéficier du salut et gagner le Royaume. Parmi eux, l’eucharistie occupe une place de choix !

 

 

                        LE  DON  MERVEILLEUX  DE  L’EUCHARISTIE

 

Pour comprendre ce qu’est l’eucharistie, il faut découvrir sa place dans l’histoire du salut.

 

POURQUOI  LE  SALUT  NOUS  EST  NECESSAIRE ?

Dieu a créé l’humanité pour lui faire partager le bonheur en plénitude de sa propre vie d’amour éternel, infini : c’est la création !

Pour que chaque homme puisse accéder à l’amour, Dieu nous a créés libres. La liberté est en effet la condition absolue de l’amour !

En faisant cela, en nous faisant confiance, Dieu a pris un risque énorme : celui de notre refus d’aimer, d’accepter une dépendance par rapport à l’amour. Et c’est ce qui est arrivé ! L’humanité a voulu faire son bonheur à sa manière, dans le refus de l’amour et donc de Dieu. Et elle persiste encore, plus ou moins, dans cette attitude de rejet de l’amour, provoquant les pires dégâts….dont elle rend Dieu responsable, évidemment !

Mais l’amour de Dieu pour ses créatures ne s’est pas contenté de ce constat d’échec. Il a inventé une solution de rechange inimaginable : Dieu a décidé de sauver lui-même l’homme.

C’est la rédemption.

 

LA  CONDITION  DU  SALUT

Le rejet, la coupure avec Dieu, avaient blessé solidairement tous les hommes. Pour sauver l’humanité, la remettre sur le chemin du salut, il fallait quelqu’un qui soit pleinement solidaire d’elle, donc pleinement homme. Mais il fallait que ce sauveur ait un amour qui soit à la dimension de celui de Dieu, avec la puissance de celui de Dieu. Seul Jésus, le Christ, Verbe de Dieu fait homme, satisfait ces exigences, car il est pleinement Dieu. C’est pourquoi il est le seul Sauveur !

L’incarnation devait donc précéder la rédemption. Jésus a accepté librement, par amour, de prendre sur lui toutes nos atteintes à l’amour, c'est-à-dire tous nos péchés en offrant pour cela sa passion et sa mort, provoquées par les forces du mal. Grâce à lui, chacun de nous se voit offrir le retour sur le chemin du Salut, par le choix de l’amour et le rejet du mal !

Ainsi, grâce au sacrifice du Christ, le Royaume est devenu accessible aux hommes de toutes les générations.

 

LA  PARTICIPATION

 

Dieu a un tel amour pour les hommes qu’il veut les associer à sa propre vie, à sa propre création. Il veut aussi les associer à la merveille de la rédemption.

1)- nous associer à la création : c’est pour cela qu’il a fait de nous des co-créateurs, disant au premier homme de  croître, multiplier et soumettre la terre (Gn 1, 28).

2)- nous associer au rétablissement de sa création, par le salut. C’est pour cela, aussi, qu’il veut nous faire participer à l’œuvre magnifique de la rédemption.

Cette proposition, il l’a faite à tous les hommes lorsqu’il s’est adressé à ses apôtres au cours du repas de la dernière cène (Jn 13). En leur lavant les pieds, il leur montrait les conditions à remplir pour apporter leur part à l’offrande au Père du sacrifice de sa passion, de sa vie, qu’il allait faire devant eux et avec eux. Quand Pierre a voulu refuser, Jésus lui a fait comprendre l’importance qu’il attachait à la participation de tous et, en particulier, de Pierre lui-même.

Tout cela est compris dans le plan de Dieu : « que pas un seul ne se perde ! »…et que tous participent au salut de tous. Concrètement, pour nous et tous ceux qui n’étaient pas avec Jésus en ce soir du jeudi saint, cela va devenir possible grâce à la permanence de l’offrande sacrificielle du Christ à travers tous les siècles, réalisée par l’eucharistie.

Ainsi, tous pourront activement participer à l’œuvre de salut de Jésus !

 

CONDITIONS  POUR  PARTICIPER  AVEC  JESUS  AU  SALUT  DU  MONDE

 

Ce qui apporte au monde son salut, c’est l’offrande, que Jésus fait au Père, du sacrifice de sa passion et de sa mort, par amour. Jésus nous demande de participer à son offrande, en nous offrant nous-mêmes avec tous nos efforts d’amour.

Cet événement du salut, le plus important qui soit pour l’humanité, il nécessite la présence active et réelle des deux « parties » en cause : le Christ d’une part, qui est le principal, bien sûr, mais aussi les hommes des générations qui vont se succéder dans le temps, jusqu’à ce que Jésus revienne (1 Cor 11,26).   

Cela n’est possible que par la continuité, dans le temps, de l’offrande, par le Christ, de son sacrifice. Et cette continuité elle n’est possible que par la Toute Puissance de Dieu :

Dieu est maître du temps, de la matière, de l’espace. C’est pourquoi il peut être présent réellement :

-dans des temps successifs, en continu

-dans plusieurs endroits à la fois,

-sous l’apparence du pain et du vin, lors de l’eucharistie.

Nous, par contre, qui n’avons pas ces pouvoirs, nous allons « participer » à l’offrande sacrificielle du Christ pour le salut », lors des eucharisties :

-         en les temps successifs que nous vivons, de temps en temps

-         en un endroit déterminé, à chaque fois, là où elle est célébrée

-         et avec notre personne toute entière, en « chair et en os ».

Si Jésus avait voulu offrir son sacrifice de salut au Père sans y faire participer les hommes des générations futures, il n’aurait pas commandé à ses apôtres de « faire cela » en mémoire de lui.

 

Dans tout « sacrifice »,il y a plusieurs étapes :

-la présentation de ce que l’on veut offrir et le pourquoi

- l’offrande proprement dite qui est engagement formel à donner, sur lequel on ne peut revenir.

-la réalisation concrète du don.

Pour le sacrifice de la nouvelle alliance en son sang, Jésus a bien précisé qu’il présentait et offrait le pain transformé en son corps et le vin transformé en son sang et cela pour le salut du monde. En commandant aux apôtres de continuer  cette même offrande en mémoire de lui, il  annonçait la continuité de l’offrande jusqu’à son retour à la fin des temps pour permettre aux générations futures de « participer » pleinement à cette offrande. Enfin, après avoir ainsi institué l’eucharistie, il a réalisé concrètement le don de sa personne à travers sa passion et sa mort librement acceptées, « une fois pour toutes ». Comme l’écrit Paul, à chaque eucharistie, il y a offrande de sa vie par Jésus dans un continuel présent et annonce de l’accomplissement de son sacrifice, par sa mort qui a eu lieu une fois pour toutes (1 Cor 11, 26 ) .

Pour bien comprendre ces phases successives du déroulement du sacrifice, on peut les comparer aux phases de la passation d’un contrat chez le notaire :

- on commence par la présentation de ce qui fait l’objet de la transaction : c’est la lecture de l’acte

-puis on s’engage à accomplir la transaction, par la signature, après laquelle on ne pourra plus reculer

-on s’acquitte du montant de la transaction par versement au notaire de ce qui a été convenu.

 

 

 

MEMORIAL  ET  NON  SOUVENIR

 

C’est en raison de tout cela que l’eucharistie est un mémorial et non un souvenir. Le souvenir appartient au passé, le mémorial est toujours présent. Un monument aux morts, par exemple, nous fait souvenir de l’événement qu’ont été les guerres, mais ne nous fait pas participer à celles-ci. Par contre, le mémorial, lui, commencé dans le passé, se continue, même si nous le vivons de façon discontinue. Pour le comprendre, on peut utiliser l’image d’un très grand bâtiment comportant une seule immense pièce et de nombreuses fenêtres en façade. Si on longe la façade alors qu’une vive lumière illumine toute la pièce, on est éclairé quand on passe devant chaque fenêtre et dans l’ombre entre chacune de celles-ci. Nous avons l’impression de lumières discontinues alors que c’est la même lumière qui nous éclaire.

Il en est de même pour l’eucharistie où nous vivons l’offrande continue du Christ alors même que les eucharisties sont  discontinues. Cela n’est possible que parce que le Christ y est présent réellement et non symboliquement.

 

 

COMMENT PARTICIPER VRAIMENT A L’OFFRANDE DU CHRIST A                     L’EUCHARISTIE

 

Puisqu’il s’agit de l’événement le plus important de toute l’histoire de l’humanité auquel nous soyons invités à participer, l’Eglise y porte une attention particulière et veille au bon déroulement de ses différentes parties.

 

-         1)-Rassemblement du peuple chrétien : qui est-il ? qui le convoque ? quand ?

C’est l’ensemble des chrétiens, convoqué par ses pasteurs au nom du Christ, le jour anniversaire de la résurrection principalement.

Unité et humilité sont indispensables pour souder cette assemblée. Avant la dernière Cène, Jésus a insisté (Jn 17) sur cette nécessaire unité, au point que, si quelqu’un a quelque chose contre moi, je dois d’abord, laissant mon offrande devant l’autel, aller me réconcilier avec mon frère. Or, il est rare de voir le devant de l’autel encombré d’offrandes en attente !

Cela est peut-être le signe que nous ne prenons pas suffisamment au sérieux l’exigence d’unité qu’il manifeste.

La réconciliation avec Dieu et avec nos frères est indispensable, d’où l’invitation à la démarche citée ci-dessus concrétisée par le rite pénitentiel.

C’est ensuite la louange du Seigneur qui s’exprime dans le Gloria.

Puis, la prière donne le ton du temps liturgique.

         -    2)- La table de la Parole nous offre successivement :

        -     La première lecture, généralement en relation avec l’évangile

        -     Le psaume

-         La deuxième lecture, qui est en continuité avec celle du dimanche précédent ou du suivant .

-         L’évangile, acclamé puis proclamé.

Ce banquet de la Parole est un tout, dont on ne peut retirer un élément sans raison valable. Ce qui va faire le lien entre ces différents éléments, c’est l’homélie, qui doit nous aider à nous nourrir de cette Parole.

Dieu, en effet, ne veut pas que sa Parole lui revienne sans avoir produit l’effet qu’il en attend ! (Isaïe)

A nous d’être attentifs à cette exigence du Seigneur.

Lors de la transfiguration, Pierre désirait seulement jouir de la douceur de ce qu’il était en train de vivre dans l’instant présent, sans chercher à approfondir !

Est-ce que nous ne sommes pas un peu comme cela, parfois, lorsque la Parole de Dieu nous est offerte lors de l’eucharistie ? Nous nous installons confortablement sur notre banc et laissons la Parole couler sur nous….comme l’eau sur feuille de songe !

Nous ne devons pas rester insensibles à la Parole de Dieu, mais nous laisser « déranger » par elle ! Elle doit nous aider à « voir loin » et d’abord à participer à cet événement formidable qu’est l’offrande de Jésus au Père pour le salut du monde, qui va ensuite se dérouler sous nos yeux  dans cette eucharistie.

Est-ce que je me laisse transformer par la Parole ou est-ce que je fais résistance : par l’indifférence, la critique systématique, une réaction désabusée ?

Si je participe vraiment au banquet de la Parole, c’est que ma conversion est en bonne voie, quel que soit le point où je suis rendu, même si les circonstances ne me permettent pas de communier ensuite. Je dois savoir que Jésus a promis sa présence à ceux qui garderaient sa Parole ! Et, de plus, je pourrai « rayonner »  cette Parole autour de moi, pour le plus grand bénéfice de ceux que je côtoie !

 

             3)-La proclamation de la foi : elle est faite par l’ensemble des chrétiens. La foi est indispensable pour une réelle participation à l’offrande du Christ.

             4)- La prière universelle exprime notre dépendance par rapport à Dieu à travers les besoins de toute l’humanité qui lui sont présentés et dont la satisfaction concourt à l’œuvre du salut. Elle est donc en relation étroite avec ce qui va ensuite se passer.

               5)- L’offertoire : il correspond à la présentation de ce qui va être offert à Dieu.

Avec le pain et le vin, c’est symboliquement tout ce que peut apporter l’humanité qui est présenté et la goutte d’eau ajoutée au vin souligne cette participation que Dieu attend des hommes. Mais ce qui nous est demandé également, c’est d’exprimer notre confiance totale à ce Père qui donne son Fils pour le salut de l’humanité ! Comment, en effet, ne pas faire confiance à Celui qui nous donne « tout ». Jésus nous l’a dit : « si tu connaissais le don de Dieu ! » (Jn 4, 10). C’est cette confiance qui va nous amener à nous offrir nous-mêmes au Seigneur.

              6)- La prière eucharistique, après la louange de la Préface et du Sanctus, amène à la consécration. L’intervention du Saint-Esprit y est demandée par le prêtre au cours de la première épiclèse, pour la transformation du pain et du vin en corps et sang du Christ qui devient alors pleinement présent sur l’autel lorsque sont prononcées les paroles mêmes du Christ. C’est la Parole même de Dieu qui est en cause !

 Il y a deux attitudes possibles, face à la Parole de Dieu concernant la « présence réelle :

- le refus de croire la Parole de Dieu car elle gêne ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière,  comme ces scribes et pharisiens qui argumentent, discutent à perte de vue, posent des questions mais refusent de répondre à celles que soulève la guérison de l’aveugle-né par Jésus (Jn 9). Aujourd’hui, ils invoqueraient la radio activité de la boue appliquée par Jésus pour expliquer cette guérison ! Il y a une analogie avec le refus d’admettre la présence réelle du Christ lors de l’offrande qu’il fait de lui-même conformément à son affirmation catégorique : « ceci est mon corps…. » , offrande qu’il ne pourrait faire s’il était absent !

- l’accueil et la foi dans la parole du Christ, aussi bien dans celle de la dernière cène que lors de la rencontre de Jésus avec l’aveugle-né. Sur la parole de Jésus, cet aveugle va se laver à la piscine de Siloë. Une fois guéri, il se prosterne devant le Fils de l’homme, dans une confiance totale en sa Parole.

C’est cette même foi, comme celle de l’aveugle, que nous témoignons à Jésus présent sur l’autel après la consécration. Puisqu’il est là, pour s’offrir toujours au Père, nous pouvons alors participer à son offrande et nous offrir nous-mêmes avec nos efforts d’amour de la semaine écoulée. Participant à l’offrande du Christ, nous devenons témoins, comme l’aveugle-né et comme lui capables d’argumenter efficacement vis-à-vis  du monde !

Jésus nous demande cette « participation » à son offrande en insistant autant qu’avec les trois apôtres qui l’accompagnaient à Gethsémani, auprès desquels il demandait aide et réconfort. C’est dire combien il nous fait confiance.

Si nous tournons le dos et refusons notre participation à l’eucharistie, alors il manquera quelque chose à l’offrande de salut, à la réalisation totale du plan de Dieu.

Si, au contraire, nous vivons l’eucharistie en participant pleinement à l’offrande du Christ présent sur l’autel, alors le Royaume est « déjà là » !

A cette offrande du Christ à son Père, nous nous associons par l’amen prononcé avec force à la suite des paroles du prêtre : « par Lui, avec Lui et en Lui…. ». Auparavant, il y a eu la deuxième épiclèse, demandant que nous formions un seul corps, associé, par le memento des morts, à l’Eglise triomphante  et aux défunts en cours de « purification ».

7)- La communion

La conséquence de notre participation à l’offrande sacrificielle du Christ au cours de l’eucharistie, c’est la communion qui nous permet de le recevoir. C’est dire que,normalement, la communion ne doit intervenir qu’au cours de l’eucharistie, sauf si la personne ne peut, pour une raison valable, comme la maladie ou l’absence d’eucharistie dans le voisinage, y participer.

Cette communion va changer notre vie. En effet, Jésus nous affirme : «  celui qui mange ma chair et boit mon sang vit en moi et je vis en lui » (Jn 6, 56). Ce n’est pas pour un instant seulement ! D’ailleurs, Jésus déclare aussi « celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jn 6,54).

Jésus demeure alors en nous et nous avons cette double grâce de sa présence :

- en chacun de nous par la communion

- au milieu de nous, dans la « sainte réserve »

 

Cela va changer notre vie puisque, comme le dit Paul, « ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ». Je reste moi-même, mais ma vie change !

A)- Au lieu de me sentir seul, peut-être même abandonné et de dire comme Marthe et Marie : « si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! » dans un doute et un reproche perpétuels, je me rends compte que Jésus est présent en moi et agissant dans ma vie. Je n’accuserai plus Dieu d’être « aux abonnés absents » et je saurai qu’il me répond toujours, mais pas forcément selon ce que je veux lui imposer ! Marthe se trompait en pensant que Jésus était indifférent : « cela ne te fais rien que ma sœur me laisse faire le travail ! »

Jésus nous dit qu’il est à la porte, qu’il frappe et entrera, si nous le recevons, pour festoyer avec nous ! (Ap 3, 20)

B)- Dans ma vie concrète de chaque jour, je n’aurai plus à me poser toutes ces questions du genre : «  qu’est-ce que je vais devenir ?que va faire mon conjoint ?que deviendra mon enfant ? Tu es là, Seigneur, en moi, agissant avec moi, puisque j’ai participé à l’eucharistie.

Je t’ai déjà reçu dans ta Parole, accueillie avec joie et humilité. Je t’ai reçu si j’ai communié à ton corps et tu demeures en moi. Dés lors, je ne dirai plus : « si tu avais été là ! » ;

Au contraire, Paul nous dit (Rm 8) «  Si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l’Esprit est votre vie par ce que vous êtes devenus des justes ».

 

L’importance de la communion ne doit pas, cependant, nous faire inverser les priorités : le plus important , dans l’eucharistie, c’est l’offrande que le Christ y fait de sa passion et de sa mort pour le salut du monde. On va voir comment Saint Jean, dans son évangile, met cette affirmation en relief de façon admirable !

8)- L’envoi : Nous sommes envoyés, à la fin de l’eucharistie, vers nos frères, dans le monde, nous serons vraiment dans la paix et la joie du Christ, quoiqu’il arrive, sachant qu’il nous accompagne chaque jour !

 

LAVEMENT  DES  PIEDS  ET  EUCHARISTIE

 

Le lavement des pieds des apôtres par Jésus éclaire de façon très forte l’institution de l’eucharistie et du sacerdoce, le soir du jeudi saint, lors de la dernière cène. A tel point que Jean, dans son évangile, se dispense de rapporter les paroles de Jésus touchant l’offrande au Père du sacrifice de sa passion et de sa mort, ceci afin, semble-t-il, de mieux mettre l’accent sur notre participation, nécessaire, à cette offrande.

A vrai dire, à l’époque où il écrivait son évangile, la pratique de l’eucharistie dans la primitive Eglise était déjà suffisamment solidement établie pour qu’il n’y revienne pas. Par contre, la nécessité, pour tous, de participer à l’offrande de Jésus, n’était sans doute pas encore évidente.

 

Ce lavement des pieds se situe au cours du repas déjà commencé (Jn 13, 4). Il ne s’agit donc pas d’un rite de purification, mais de la démonstration des conditions requises pour pouvoir « participer » à l’offrande de Jésus qui va avoir lieu à la fin du repas.

1)-La première condition requise, c’est l’humilité, dont Jésus nous donne l’exemple, alors que Pierre, lui, tombe dans la fausse humilité au lieu d’obéir et passe d’un excès à l’autre.

2)-La seconde condition, c’est d’entrer dans le « service », c'est-à-dire, dans l’acceptation du plan de Dieu sur soi et sur les autres ! (« Ce que vous faites à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi-même que vous le faites ! » Mt 25).C’est cela qui va permettre à chaque disciple de participer à l’offrande du Christ en s’offrant lui-même et tout ce qu’il va faire, par amour, dans le service, afin de correspondre au plan de Dieu.

On comprend, dés lors, que le lavement des pieds était indispensable avant l’institution de l’eucharistie.

Ce n’est pas pour rien non plus que le lavement des pieds s’est déroulé avant l’institution du sacerdoce ministériel. Celui-ci ne saurait en effet s’exercer comme un « pouvoir » mais comme un service, dans l’humilité vraie. L’Eglise l’a d’ailleurs bien compris, puisqu’elle exige l’ordination diaconale, c'est-à-dire l’ordination au service, avant l’ordination sacerdotale.

On dit, très justement, que c’est le jeudi saint que Jésus a institué le sacerdoce ministériel. Mais il a institué aussi, en même temps, le diaconat. On peut même dire qu’il a institué alors également le sacerdoce universel de tous les fidèles dans la mesure où tous sont appelés, comme les diacres, à participer avec les prêtres, à l’offrande sacrificielle du Christ lors de chaque eucharistie. On ne devrait plus parler « d’assistance à la messe » mais de « participation » !

On voit bien que le lien entre diaconat et eucharistie est étroit, voulu par le Christ. C’est dans la pure tradition de l’Eglise qu’une impulsion nouvelle a été donnée à ce ministère indispensable et si étroitement lié à l’eucharistie, par le rétablissement du diaconat permanent ! On peut regretter que la suite donnée à cette heureuse initiative soit encore trop limitée !

 

EN  CONCLUSION  ON  PEUT  AFFIRMER  QUE  L’EUCHARISTIE  EST  AU  CŒUR  MEME  DE  LA  VIE  DE  L’EGLISE  CAR  AU  CŒUR  MEME  DE  NOTRE  SALUT !

 

 

MM ANDRE, diacre           

 

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